Naturalistes en lutte

Les informations des Naturalistes en lutte à Notre-Dame-des-Landes


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De l’incompétence de la cour administrative d’appel de Nantes ou la réponse politique à une question de droit

Voilà ce qu’on peut lire dans l’arrêt rendu lundi concernant les arrêtés de dérogation espèces protégées et qui a justifié la décision des juges de valider ces arrêtés :

« … l’aire de répartition du triton marbré englobe l’ensemble de la France occidentale où elle  [sic] est commune à assez commune ».

Pourtant à l’échelle européenne, seuls trois pays accueillent le Triton marbré dans leurs mares : le Portugal, l’Espagne et la France. En France, la répartition de l’espèce est limitée au nord par la Seine et à l’Est par une ligne Fontainebleau – Montpellier.

Le Triton marbré est mentionné parmi les espèces « Vulnérables » dans le livre rouge des vertébrés de France (Maurin, 1994).

L’état de conservation de ces habitats est considéré dans le domaine atlantique comme défavorable.

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Ce triton est considéré en Loire atlantique comme une espèce peu commune dont les populations, réduites, sont fragiles. Elle est classée en liste rouge avec priorité élevée en Pays de la Loire.

Même le dossier officiel « Loi sur l’eau » (ici) indique que, « au rang des trois espèces qui présentent une forte valeur patrimoniale, on trouve Le Triton marbré (Triturus marmoratus). Cette espèce est considérée comme prioritaire en région Pays de la Loire.« 

Plus de 200 mares sont réparties sur environ 1600 ha de bocage dense, le taux de présence du triton marbré y est de 32 %, ce qui représente la troisième population la plus importante de France, connue à ce jour. (cf. Penn ar Bed n°223/224).

Comment dans ces conditions, des juges peuvent en déduire que cette espèce ne présente pas d’enjeux de conservation européen, national, régional et départemental remarquables !

Les espèces protégées le sont parce que leurs habitats disparaissent et que les populations sont considérées comme fragiles. La vision des choses qui consiste à considérer, que tant qu’il restera quelques populations viables dans l’aire de répartition de ces espèces, il n’y aura pas d’enjeu de conservation, nous conduit inéluctablement vers la disparition de ces espèces.

C’est pourquoi nous considérons que si, ni l’état, ni la justice n’est capable de protéger ces espèces avec qui nous partageons la planète, nous citoyens devons mettre en œuvre tous les moyens à notre disposition pour nous opposer à leur destruction.

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Second numéro spécial de la revue Penn ar Bed consacré à NOTRE-DAME-DES-LANDES vient de paraître

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Ce numéro exceptionnel de 140 pages a été rédigé par 26 auteurs. Il est illustré de 23 cartes, 84 photographies et 23 dessins originaux.

Il est consacré aux inventaires naturalistes mené depuis trois ans par le collectif des Naturalistes en lutte et met en lumière la véritable valeur patrimoniale du site de Notre-Dame-des-Landes.

Les annexes peuvent être téléchargées ici.

Il peut être commandé directement à Bretagne Vivante (19 rue de Gouesnou – BP 62132, 29221 BREST CEDEX 2 – France) en envoyant un chèque de 18 euros (4 euros de frais d’envoi inclus).

Le numéro consacré principalement aux mesures compensatoires étant épuisé, il peut être téléchargé gratuitement ici.

La synthèse de l’expertise naturaliste du site est à lire et à diffuser largement :

Fiche de synthèse « Expertise des Naturalistes en lutte »


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Projet d’aéroport : les étonnants oublis du rapport des experts sur la question écologique.

Si les Naturalistes en lutte se réjouissent de constater qu une autorité publique prenne enfin en considération la possibilité de réaménager l’aéroport actuel de Nantes Atlantique comme alternative crédible à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, il nen demeure pas moins que le rapport, peut-être très éclairé sur les aspects socio-économiques du débat, pêche cruellement dans son analyse des aspects écologiques.

Depuis trois ans, les Naturalistes en lutte mènent des inventaires de terrain et assurent une contre-expertise sur les dossiers environnementaux du projet d’aéroport. Ils ont analysé le rapport rendu public le 5 avril. Il apparaît qu’une fois de plus les chiffres concernant les milieux humides et les habitats européens prioritaires sont minimisés. De même, les notions essentielles de connectivité et de fonctionnalité sont froidement ignorées. Quant aux mesures compensatoires, elles sont validées d’un trait de plume alors que les porteurs du projet sont toujours incapables de produire les contrats qu’ils ont eux-mêmes prévus.

Grenouille agile près de la mare BSN806

L’étude menée par les inspecteurs de l’environnement à la demande de la ministre de l’environnement et rendue le 5 avril 2016 reconnaît certes des enjeux environnementaux sur le site, en particulier ceux qui concernent les populations de batraciens, de reptiles et de chiroptères. Elle reconnaît aussi des éléments que les Naturalistes en lutte ont mis en avant comme l’absence d’impact de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur le lac de Grand-Lieu (et invalide donc les mensonges sans cesse répétés par les partisans du projet dont on peut mesurer la mauvaise foi). Elle reconnaît aussi partiellement le non-respect de l’esprit de la procédure « Éviter-Réduire-Compenser ». La présence des espèces protégées nouvellement découvertes est acceptée, bien que celles-ci soient traitées comme des espèces protégées de seconde zone.

Une analyse des habitats d’intérêt communautaire tronquée

Cette étude persévère dans la négation de certains aspects que le travail des Naturalistes en lutte a mis en évidence. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les surfaces sous-estimées des habitats d’intérêt communautaire issues de l’étude d’impact officielle sont toujours utilisées, pour aboutir à une minimisation de la richesse de la zone. Pour ne prendre qu’un exemple, la surface de l’habitat « prairies humides oligotrophes » est de 8 ha dans l’étude d’impact alors que nous avons inventorié plus de 37 ha, soit presque cinq fois plus ! Notons, malgré tout, que dans le tableau présenté, la destruction de pas moins de 10 % des landes humides de Loire-Atlantique est prévue dans le cas de la construction de l’aéroport. La diversité des habitats concernés, leur état de conservation, l’exceptionnelle connectivité écologique entre ceux-ci et la valeur de lien entre deux bassins versants majeurs par cette zone préservée sont tous des éléments ignorés. Sa position dans les corridors écologiques, malhonnêtement niée dans l’étude d’impact, n’est pas rétablie. Certes, le temps a manqué pour répondre à la commande ministérielle mais il y a bien là un des biais habituels liés à la formation des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts : ce ne sont pas des ingénieurs écologues. Le rapport évoque le gel de la ZAD depuis cinquante ans ainsi que la présence de sols pauvres préservés. Mais c’est pour dénoncer comme un effet pervers le fait que ce gel aurait abouti au « renforcement des populations d’espèces protégées » ; tout à fait comme si la destruction par l’agriculture intensive à laquelle le site a échappé justifiait celle, irréversible, que provoquerait l’aéroport. Le rapport ose même dire que « le drainage et la fertilisation des terres pourraient aboutir à une régression de ces qualités, sans pour autant qu’il y ait une indignation à cette évolution ». Comme s’il n’y avait personne pour s’inquiéter de la disparition de ce type de milieux déjà rares et comme si l’indifférence de certains justifiait tous les massacres !

Une compensation illusoire pour justifier le projet

Enfin le projet de « compensation » basé sur les coefficients de destruction et de compensation ainsi que sur des mesures de compensation dans des bassins versants indépendants n’est pas remis en cause, bien au contraire. La « préparation du terrain » pour les banques de compensation et le marché de la biodiversité est donc un processus pérennisé par cette mission du ministère. Le fait que les porteurs du projet ne puissent pas produire les contrats de compensation prévus à quelques mois du début des travaux souhaités par eux aurait dû entrer dans l’évaluation de faisabilité du projet.

Comment, donc, ne pas s’inquiéter de cette validation d’un système qui s’oriente subrepticement, malgré les avertissements lancés par de nombreux scientifiques, vers le modèle compensatoire « américain », mais présentant encore moins de garanties.

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Un site d’importance communautaire

Des comparaisons injustes et absurdes sont aussi faites entre la zone de Notre-Dames-des-Landes, qui serait détruite en son cœur, et la richesse du lac de Grand-Lieu (dont il est reconnu qu’elle n’est pas impactée) ou avec la portion de zone humide qui serait détruite par un allongement ou la réorientation de la piste de Nantes-Atlantique.

Rappelons simplement que les Naturalistes en lutte ont trouvé dans la ZAD 11 habitats d’intérêt communautaire là où les bureaux d’étude n’en avaient vu que 6, ce qui en soi justifierait amplement la création d’une zone Natura 2000, par exemple. La comparaison avec Grand-Lieu qui n’offre que 6 habitats d’intérêt communautaire montre bien que l’approche comparative du rapport est sélective et orientée.

 Ces considérations permettent, sur le plan environnemental, de trouver des aspects positifs à un projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, pourvu qu’il ne comporte qu’une piste, plus courte, et des parkings moins grands. Ce projet ne comporte guère de changements quant au démembrement de cette zone exceptionnelle, rappelons-le, par sa structure d’ensemble et sa position entre bassins versants. Il reste donc tout à fait inacceptable du point de vue qui concerne les compétences des Naturalistes en lutte.

 Il n’y a aucune fatalité à la destruction des espaces naturels de Notre-Dame-des-Landes, contrairement à ce que laisse entendre le rapport qui les croit voués à l’agriculture intensive s’ils ne sont pas massacrés par les pistes, les parkings et les routes. Il existe de nombreux moyens pour en assurer la préservation en lien direct avec ceux qui y vivent et avec le soutien des outils que la législation et les traités internationaux prévoient.


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Notre-Dame-des-Landes 5 nouvelles espèces protégées remettent en cause le projet d’aéroport

Depuis trois ans, le collectif des Naturalistes en lutte a mené des inventaires sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ses experts ont fait savoir aux associations de protection de la nature qu’ils avaient découvert 5 espèces légalement protégées non prises en compte par les dossiers mis à l’enquête et les arrêtés préfectoraux associés (non compris le campagnol amphibie en attente d’un arrêté préfectoral).

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Cicendie naine Exaculum pusillum

Les associations de protection de la nature ont fait part avec tous les détails nécessaires de ces découvertes par un courrier adressé, tant à la préfecture de Loire-Atlantique qu’au ministère de l’écologie qui a bien accusé réception du document.

Il s’agit de trois plantes (la Sibthorpie d’Europe, la Pulicaire commune, la Cicendie naine), un amphibien (le Triton de Blasius) et un mammifère (le Crossope aquatique). Ces espèces n’ont pas été observées ou recherchées par les bureaux d’études, en conséquence elles n’ont pas été évaluées dans les dossiers et aucune demande de dérogation pour la destruction de ces espèces protégées n’a été faite. Contrairement à ce qui a pu être écrit dans la presse, les travaux ne peuvent donc pas commencer tant qu’une procédure complète concernant ces espèces n’a pas été menée. Elles posent même la question de la réévaluation complète du projet qui n’a pas pris la mesure des destructions qu’il allait entraîner en matière de biodiversité.

Nous rappelons que, parmi plus de 1500 espèces inventoriées, 130 espèces sont protégées et que seuls quelques individus de 3 espèces seraient déplacés, uniquement à titre expérimental et sans fondement scientifique, ce qui ne saurait être présenté comme une « mesure compensatoire ».

Nous rappelons qu’en ce qui concerne l’autorisation de destruction du campagnol amphibie, un avis particulièrement défavorable a été émis par le Conseil National de Protection de la Nature.

Nous rappelons aussi qu’en ce qui concerne la compensation, une expérimentation de déplacement n’est pas une mesure compensatoire. De plus, les milliers d’individus appartenant à des espèces protégées et les milieux qui les hébergent ne pourront en aucun cas être « recréés » et la perte de biodiversité sera totale, sans « compensation » possible.

La particularité de cette zone est d’avoir échappé à des destructions irréversibles. C’est pourquoi nous avons pu observer notamment cinq nouvelles espèces pour la France, 9 nouvelles pour la région, 62 nouvelles pour le département. Ce modèle agricole a montré qu’il pouvait être compatible avec la préservation de la biodiversité, ce système est à étendre et non pas à détruire.

Les Naturalistes en lutte seront présents dans les manifestations prévues le 16 janvier et ils feront découvrir une partie des richesses naturelles de la ZAD le 31 janvier 2016 dans le cadre de la journée mondiale des zones humides.

Contacts presse :

06 16 20 30 93

naturalistesenlutte.wordpress.com/


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Exposition « La mémoire des landes » Notre-Dame-des-Landes les 11-12 juillet 2015

« La mémoire des landes » une exposition présentée par les Naturalistes en lutte contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, salle Cassiopée – 10h à 18h les samedi 11 et dimanche 12 juillet 2015

Rien de plus méconnu que les landes. Leur terrible régression n’a guère mobilisé les Bretons qui avaient trop entendu que les landes étaient à l’image de la misère à laquelle ils voulaient tourner le dos. Pourtant les landes qui se sont étendues avec les défrichements dès le Néolithique, furent pendant près de huit siècles au cœur de l’agriculture paysanne avant de disparaître peu à peu au cours des 19e et 20e siècles. A Notre-Dame-des-Landes, quelques parcelles subsistent ; deux ont été en partie restaurées.

Les landes restent un élément essentiel de l’identité paysagère et culturelle de la Bretagne mais elles n’ont pas été valorisées comme les îles, les maisons traditionnelles, le bocage, les ports ou les chapelles. Très présentes dans le nord de la Loire-Atlantique, elles sont liées à l’histoire locale Ceux qui ont vécu dans des fermes jusque dans les années 1960 ont encore le souvenir de l’odeur des ajoncs broyés pour les chevaux mais à l’heure où de nouvelles menaces planent sur les dernières landes, il importe d’en rendre la mémoire à tous les Bretons.

Cette exposition retrace leur histoire, les modes d’exploitation, les espèces animales et végétales caractéristiques à l’aide de panneaux, photos, outils, films et des tableaux du peintre morbihannais Lucien Pouëdras. Plus de 20 tableaux seront exposés.

Ce peintre a construit, depuis plus de 30 ans, une œuvre picturale sans équivalent sur la société traditionnelle bretonne. Dans le cadre de l’illustration du livre « La mémoire des landes de Bretagne » écrit par François de Beaulieu et paru aux éditions Skol Vreizh en octobre 2014, il a voulu approfondir son travail sur les landes. Lucien Pouëdras a déjà été invité à réaliser de nombreuses expositions personnelles dans des espaces importants (château de Pontivy, Orangerie de Cachan, Maison de la Nature à Saint Just et simultanément dans sept lieux du pays de Morlaix).

landeContacts :De Beaulieu François (06 16 20 30 93 – francois.de-beaulieu(at)wanadoo.fr), Riou Yves (06 02 23 36 04 – riouyou(at)orange.fr)


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Journée mondiale des Zones Humides Dimanche 1 février 2015 à Notre-Dame-des-Landes

Depuis deux ans nous observons les prairies, les bois, les landes et les mares de la ZAD, nos inventaires ont montré la biodiversité qui témoigne de la richesse incompensable de cet espace. A l’heure où la France veut être exemplaire dans la lutte contre le réchauffement climatique, nous n’accepterons pas que l’on veuille sacrifier une immense zone humide bocagère indispensable pour l’avenir écologique et économique du département.

Comme en 2014 où 200 personnes avaient découvert la façon dont on étudie les plantes, les grenouilles, les oiseaux, les papillons, ou le campagnol amphibie, des guides bien informés attendront les visiteurs munis de bottes à 10 heures place de l’église de Notre-Dame-des-Landes pour des circuits d’une durée de 2 heures.

Voir la fiche publiée sur le portail national (http://www.zones-humides.eaufrance.fr/agir/ejmzh-2015/les-zones-humides-de-la-zad-de-notre-dame-des-landes  ) et accessible par l’application smartphone.

Tous ensemble !

Les Naturalistes en lutte