Naturalistes en lutte

Les informations des Naturalistes en lutte à Notre-Dame-des-Landes

La ZAD : un site naturel pour l’avenir

2 Commentaires

Lors de la conférence de presse, Fabrice Nicolino a dit toute l’importance et le caractère unique de la contre-expertise que les Naturalistes en Lutte ont menée. Il a appuyé sur le fait que « la découverte de ces nouvelles espèces protégées témoignait d’une nature absolument prodigieuse unique en France. » Il a ensuite expliqué « qu’il serait cocasse que les opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes soient les défenseurs de la Loi républicaine (Loi de protection de la Nature de 1976) face aux polices de M. Valls… » Fabrice a conclu en disant que « la loi qui protège les espèces emmerde les aménageurs, et que le détricotage des lois sur l’environnement est une de leurs envies qui pourrait se réaliser maintenant et contre laquelle il faut fermement s’opposer.»

Ecouter l’intervention complète : intervention de Fabrice Nicolino

Ensuite les journalistes présents ont pu filmer et photographier une des plantes protégées oubliées, la Sibthorpie d’Europe.

Sibthorpia europaea

La Sibthorpie d’Europe Sibthorpia europaea

Une richesse comparable aux sites Natura 2000 du département

Après trois ans d’inventaires, les résultats obtenus sont saisissants, la richesse inventoriée sur la ZAD est comparable aux autres sites Natura 2000 du département !

11 Habitats d’intérêt communautaire sont présents sur le site de Notre-Dame-des Landes pour comparaison, 6 Habitats d’intérêt communautaire sont présents à Grand-Lieu, 12 en Grande Brière et marais de Donges, 4 sur le site forêt, étang de Vioreau et de la Provostière et 16 dans les marais de l’Erdre, (sources : INPN MNHN).

Un point très important : l’état de conservation des habitats sur la ZAD est globalement bon et surtout il ne souffre pas de la présence d’espèces invasives (les jussies et l’écrevisse américaine) contrairement à la plupart des autres grandes zones humides du département que sont les sites Natura 2000 de Brière, de l’Erdre ou du Lac de Grand-Lieu.

10 espèces animales sont inscrites à l’annexe 2 de la directive habitat et nécessitent la désignation de zones spéciales de conservation pour leur préservation. C’est donc une erreur de croire que la destruction de ces populations n’aura pas d’impact.

Des espèces banales ? Assurément non !

On entend parfois dire que les espèces présentes à Notre-Dame-des-Landes sont banales. C’est faux !

Nous sommes en présence de plusieurs populations d’importance régionale, notamment pour le Campagnol amphibie, le Lézard vivipare, le Triton marbré, mais aussi pour le Triton de Blasius, qui n’a d’ailleurs pas été pris en compte dans les dossiers réglementaires.

Par ailleurs, nous avons notamment découvert plusieurs dizaines d’espèces nouvelles pour le département de Loire-Atlantique et pour la région Pays de la Loire ; et même 5 qui n’avaient jamais été répertoriées en France.

On nous explique qu’il y aura des compensations, mais comment compenser ce que l’on ne connaît pas ? Objectivement personne n’est capable d’affirmer qu’en détruisant les milieux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on ne va pas détruire le dernier site hébergeant ces espèces en France.

Le déplacement d’espèces, un mensonge marketing !

Une autre idée fausse souvent reprise porte sur le déplacement des espèces. Nous tenons à rappeler que parmi plus de 1 500 espèces inventoriées, 130 sont protégées et que seuls quelques individus de 3 espèces seraient déplacés. Il ne s’agit que d’une expérimentation pour mieux connaître leur biologie… Cela ne représente ni une mesure de réduction, ni une mesure de compensation mais bien une opération de communication. Les travaux entraîneraient la destruction de dizaines de milliers d’individus d’espèces protégées et la disparition définitive de leurs habitats.

Cinq espèces protégées non prises en compte dans les dossiers réglementaires

Pour finir rappelons un point essentiel : au moins 5 espèces protégées n’ont pas été prises en compte dans les dossiers réglementaires. Ni observées ou recherchées par les bureaux d’études, elles n’ont donc pas été évaluées dans les dossiers. Par conséquent, aucune demande de dérogation pour la destruction de ces espèces protégées n’a été faite. Puisque la préfecture de Loire-Atlantique et le ministère de l’écologie en ont été informés et que nous sommes dans un état de droit, les travaux ne peuvent pas commencer.

La non-prise en compte de ces 5 espèces protégées dans le projet d’aéroport nécessite la réouverture du dossier et la réévaluation du projet.

En tant que naturalistes, nous voulons tout mettre en œuvre pour éviter la destruction de milieux naturels, d’autant plus que l’Atelier citoyen de Nantes a démontré que d’autres solutions existaient.

Nous appelons toutes les personnes soucieuses de la préservation de la nature en France à manifester leur opposition au projet.

Pour finir nous citerons Jean-Marie Pelt : « il faut repenser les rapports humains à la nature, les sociétés humaines ne peuvent pas vivre en méprisant les écosystèmes. »

Retrouver toutes les interventions en audio : ici

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2 réflexions sur “La ZAD : un site naturel pour l’avenir

  1. Merci de votre travail si utile. Tous à Nantes samedi pour dire aux partisans de l’aéroport que se déjuger n’est pas avilissant quand on a enfin compris la folie de ce projet. Je viendrai de Rouen ce samedi!

    J'aime

  2. A propos des mensonges que vous dénoncez à si juste titre, et qui relèvent d’un ultralibéralisme à peine verdi (du lierre et de la mousse artificiels, sans doute!…) je vous communique l’information suivante, qui corrobore bien la comédie des compensations loi sur l’eau, que vous dénoncez à si juste titre.
    Comme ce colloque se veut scientifique, et que scientifique, vous l’êtes vous même, vous aurez peut être envie d’aller porter quelque objection à ce « sommet de l’écologie »

    Un grand merci pour ce que vous faites pour Notre dame des Landes.

    Un membre du Collectif de soutien de l’Ile de France.

    Colloque national des zones humides 2016

    Le *Conseil départemental du Finistère, le Forum des marais atlantiques
    et l’
    Agence de l’eau Loire-Bretagne *
    organisent . Il se tiendra à Brest, à
    *Océanopolis* , Parc de découverte des
    océans, dans la continuité de la * Journée mondiale des zones humides

    .*

    *Peut-on et doit-on réparer les milieux humides ?*

    La restauration des milieux humides est un sujet d’actualité qui pose de
    nombreuses questions de fond et des questions techniques. Modes
    opératoires, coût des opérations, financement des projets, méthodes de
    suivi et d’évaluation, modes de gouvernance, cadres juridique et
    réglementaire, acceptabilité sociale, etc., constituent autant de
    problématiques auxquelles sont confrontés les acteurs de terrain et les
    experts qui mènent des programmes d’actions de réhabilitation de zones
    humides.

    L’objectif de ce colloque est de *porter à l’échelle nationale les débats
    sur ces thématiques et de partager les connaissances et les savoir-faire* .
    Une large place sera faite également aux* témoignages concrets et aux
    retours d’expériences techniques* .

    Cet événement rejoint les objectifs du plan national sur les zones humides
    et contribue à renforcer l’opérationnalité des actions définies dans le
    cadre des SDAGE et des SRCE.

    Il s’inscrit dans les actions de la Cellule d’animation sur les milieux
    aquatiques en Finistère (CAMA)

    .

    Élus, techniciens des collectivités et des associations, acteurs
    scientifiques, institutionnels, économiques, financeurs sont invités à
    venir échanger sur le contexte de la restauration des milieux humides, et
    sur les différents cadres d’intervention des opérations de réhabilitation.

    *
    Au
    programme *

    Les milieux humides : de la dégradation à la restauration

    – l’histoire et l’évolution du droit, les représentations et les usages
    en milieux humides,
    – les fonctions et les services rendus,
    – les définitions de la restauration écologique et son cadre éthique.

    Les actions de restauration des milieux humides : pourquoi, pour qui,
    comment ?

    – le volet réglementaire des opérations et les procédures,
    – le cadre partenarial et territorial,
    – la réalisation des diagnostics, la définition des objectifs
    d’intervention et le suivi-évaluation,
    – les itinéraires techniques,
    – l’approche économique et sociale.

    *
    Secrétariat
    du colloque*

    Conseil départemental du Finistère – Direction de l’aménagement, de l’eau,
    de l’environnement et du logement – Service des espaces naturels et des
    paysages – Tél : 02.98.76.21.48 – Mail : colloque.zh29@finistere.fr

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