Naturalistes en lutte

Les informations des Naturalistes en lutte à Notre-Dame-des-Landes


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Journée mondiale des zones humides – Découverte des richesses de Notre-Dame-des landes

Comme chaque année à l’occasion de la journée mondiale des zones humides, les Naturalistes en lutte vous invitent à la rencontre des habitant-e-s des zones humides de Notre-Dame-des-Landes. Le peuple libre des crapauds, grenouilles et tritons y célèbre la cérémonie des amours dans leur mare favorite et ne comptent pas en déménager !

Le thème de cette année 2016 nous semble approprié à la démarche que l’on souhaiterait voir appliquer sur le site : « Les zones humides pour notre avenir : modes de vie durables, ou comment conserver et restaurer les écosystèmes humides dans l’intérêt de la vie humaine et du milieu naturel ».

JMZH 2015 H Ronné-1

Le rendez-vous est à 10 h place de l’église, n’oubliez pas les bottes et vêtements appropriés, une équipe de naturaliste vous fera découvrir tout l’intérêt du site.

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La ZAD : un site naturel pour l’avenir

Lors de la conférence de presse, Fabrice Nicolino a dit toute l’importance et le caractère unique de la contre-expertise que les Naturalistes en Lutte ont menée. Il a appuyé sur le fait que « la découverte de ces nouvelles espèces protégées témoignait d’une nature absolument prodigieuse unique en France. » Il a ensuite expliqué « qu’il serait cocasse que les opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes soient les défenseurs de la Loi républicaine (Loi de protection de la Nature de 1976) face aux polices de M. Valls… » Fabrice a conclu en disant que « la loi qui protège les espèces emmerde les aménageurs, et que le détricotage des lois sur l’environnement est une de leurs envies qui pourrait se réaliser maintenant et contre laquelle il faut fermement s’opposer.»

Ecouter l’intervention complète : intervention de Fabrice Nicolino

Ensuite les journalistes présents ont pu filmer et photographier une des plantes protégées oubliées, la Sibthorpie d’Europe.

Sibthorpia europaea

La Sibthorpie d’Europe Sibthorpia europaea

Une richesse comparable aux sites Natura 2000 du département

Après trois ans d’inventaires, les résultats obtenus sont saisissants, la richesse inventoriée sur la ZAD est comparable aux autres sites Natura 2000 du département !

11 Habitats d’intérêt communautaire sont présents sur le site de Notre-Dame-des Landes pour comparaison, 6 Habitats d’intérêt communautaire sont présents à Grand-Lieu, 12 en Grande Brière et marais de Donges, 4 sur le site forêt, étang de Vioreau et de la Provostière et 16 dans les marais de l’Erdre, (sources : INPN MNHN).

Un point très important : l’état de conservation des habitats sur la ZAD est globalement bon et surtout il ne souffre pas de la présence d’espèces invasives (les jussies et l’écrevisse américaine) contrairement à la plupart des autres grandes zones humides du département que sont les sites Natura 2000 de Brière, de l’Erdre ou du Lac de Grand-Lieu.

10 espèces animales sont inscrites à l’annexe 2 de la directive habitat et nécessitent la désignation de zones spéciales de conservation pour leur préservation. C’est donc une erreur de croire que la destruction de ces populations n’aura pas d’impact.

Des espèces banales ? Assurément non !

On entend parfois dire que les espèces présentes à Notre-Dame-des-Landes sont banales. C’est faux !

Nous sommes en présence de plusieurs populations d’importance régionale, notamment pour le Campagnol amphibie, le Lézard vivipare, le Triton marbré, mais aussi pour le Triton de Blasius, qui n’a d’ailleurs pas été pris en compte dans les dossiers réglementaires.

Par ailleurs, nous avons notamment découvert plusieurs dizaines d’espèces nouvelles pour le département de Loire-Atlantique et pour la région Pays de la Loire ; et même 5 qui n’avaient jamais été répertoriées en France.

On nous explique qu’il y aura des compensations, mais comment compenser ce que l’on ne connaît pas ? Objectivement personne n’est capable d’affirmer qu’en détruisant les milieux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on ne va pas détruire le dernier site hébergeant ces espèces en France.

Le déplacement d’espèces, un mensonge marketing !

Une autre idée fausse souvent reprise porte sur le déplacement des espèces. Nous tenons à rappeler que parmi plus de 1 500 espèces inventoriées, 130 sont protégées et que seuls quelques individus de 3 espèces seraient déplacés. Il ne s’agit que d’une expérimentation pour mieux connaître leur biologie… Cela ne représente ni une mesure de réduction, ni une mesure de compensation mais bien une opération de communication. Les travaux entraîneraient la destruction de dizaines de milliers d’individus d’espèces protégées et la disparition définitive de leurs habitats.

Cinq espèces protégées non prises en compte dans les dossiers réglementaires

Pour finir rappelons un point essentiel : au moins 5 espèces protégées n’ont pas été prises en compte dans les dossiers réglementaires. Ni observées ou recherchées par les bureaux d’études, elles n’ont donc pas été évaluées dans les dossiers. Par conséquent, aucune demande de dérogation pour la destruction de ces espèces protégées n’a été faite. Puisque la préfecture de Loire-Atlantique et le ministère de l’écologie en ont été informés et que nous sommes dans un état de droit, les travaux ne peuvent pas commencer.

La non-prise en compte de ces 5 espèces protégées dans le projet d’aéroport nécessite la réouverture du dossier et la réévaluation du projet.

En tant que naturalistes, nous voulons tout mettre en œuvre pour éviter la destruction de milieux naturels, d’autant plus que l’Atelier citoyen de Nantes a démontré que d’autres solutions existaient.

Nous appelons toutes les personnes soucieuses de la préservation de la nature en France à manifester leur opposition au projet.

Pour finir nous citerons Jean-Marie Pelt : « il faut repenser les rapports humains à la nature, les sociétés humaines ne peuvent pas vivre en méprisant les écosystèmes. »

Retrouver toutes les interventions en audio : ici