Naturalistes en lutte

Les informations des Naturalistes en lutte à Notre-Dame-des-Landes


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Notre-Dame-des-Landes : Pourquoi dire non au déplacement d’espèces protégées

Les porteurs de projets essayent de nous faire croire que les espèces protégées seront déplacées. En fait il n’en est rien, il est bien prévu la destruction de milliers d’individus d’espèces protégées représentant des populations d’importances départementales notamment pour le Triton marbré, le Lézard vivipare et le Campagnol amphibie.

Ce que proposent les porteurs de projet correspond en fait à une expérimentation menée sur 19 mares ( sur les 80 mares recensées par les Naturalistes en lutte ) qui seront détruites directement par les projets (plus de cent mares si l’on compte les mares indirectement impactées).

L’expérimentation qui est annoncée porte seulement sur le déplacement après capture des individus de grands tritons (Triton crêté et Triton marbré) des 19 mares, aucune des autres espèces capturées ne sera relâchée !

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De plus, les résultats des inventaires montrent la présence du Triton crêté sur seulement deux des dix neuf mares. La volonté d’effort de conservation des grands tritons est largement insuffisante. L’essentiel de la population impactée est destinée à périr sous le remblai.

Et pour l’ensemble des autres espèces protégées : RIEN

L’explication de cette expérimentation est claire, nous sommes en face d’une opération de communication destinée au grand public. Faire croire que les espèces protégées seront déplacées pour ne pas avoir à assumer les destructions engendrées par ces projets.

Nous appelons l’ensemble des personnes, pour lesquelles la protection de la nature et le respect de la vie à encore un sens, à mettre en place toutes les actions permettant de s’opposer à cette expérimentation médiatique.

No passaran

Les Naturalistes en lutte

Vous pouvez retrouver l’ensemble de l’analyse des dossiers de dérogation des espèces protégées rédigé par les Naturalistes en luttes via le lien ci-dessous.

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Critique de la méthode de prospection pour les inventaires sur le Campagnol amphibie (Arvicola sapidus)

Alors que le collège des experts en avril 2013 avait demandé à ce que les compléments d’inventaires soient réalisés au moins durant deux années, celui concernant le Campagnol amphibie n’a été mené que sur 5 jours, durant le mois de septembre 2013. Cette durée et cette période ne permettent pas de couvrir l’ensemble du cycle de l’espèce et des conditions possibles.

 

En effet, la fin d’été et l’automne constituent la période la moins propice à la caractérisation du ob_d275f5fc1ffa3fa2f5667b622b6e2df5_dscn7633domaine vital de l’espèce. Cet assèchement de l’habitat (réseau hydrographique, prairies et mares) engendre une contraction saisonnière du domaine vital de l’espèce par concentration des populations autour des milieux encore humides en septembre.

Ceci explique que des sites sur lesquels le Campagnol amphibie n’a pas été observé lors de l’étude de septembre 2013 sont pourtant bien fréquentés par l’espèce à d’autres périodes. Ainsi, l’étude mentionne 11 sites positifs sur 45 prospectés, soit 25 % de sites avec présence de l’espèce. Les données des naturalistes suggèrent plutôt un pourcentage de sites positifs proche des 80%, en période hivernale (saison beaucoup plus propices à la recherche de sites fréquentés par l’espèce).

La période de prospection conduit donc à une sous-estimation des habitats fréquentés par le Campagnol amphibie. Même si certains habitats ne sont plus propices en fin d’été car à sec, ils ne doivent pas pour autant être considérés comme accessoires. En effet, ces habitats sont occupés à d’autres périodes de l’année, comme l’hiver et le printemps, deux périodes cruciales car influençant la dynamique des populations.

Nous soulignerons certains doutes concernant l’exhaustivité de l’inventaire sur les surfaces prospectées. Ainsi, 2500 hectares ont été prospectés en 5 jours ce qui représente plus de 62 hectares par heure (pour un temps de travail journalier de 8 heures). Cette simple donnée apparaît inconcevable, dans l’optique d’un travail d’inventaire rigoureux.

No passaran

Les Naturalistes en luttes

 


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Notre-Dame-des-Landes : la biodiversité bientôt massacrée ?

 

Le collectif des Naturalistes en lutte dépose ce jeudi 7 novembre sa contribution à la consultation publique du dossier de demande de dérogation « espèces protégées » concernant le programme d’ouvrages aéroportuaires à Notre-Dame-des-Landes. ob_5e2fa379824f67bbff17b0dd8a9d774b_l1030958

Dans sa contribution, le collectif rappelle que le dossier ne devrait pas être accepté pour trois raisons :

  • les promoteurs ne poursuivent pas de raison impérative d’intérêt public majeur ;
  • l’analyse d’autres solutions plus favorables à la biodiversité est fantaisiste ;
  • en rien le projet de compensation ne permettra de compenser la perte de biodiversité.

Il faut rappeler que les commissions spécialisées dans la protection de la nature ont été très critiques sur cette demande de dérogation (notamment le Conseil national de protection de la nature, à trois reprises, le collège des experts scientifiques, le Conseil scientifique régional de protection de la nature, et le Conservatoire botanique national de Brest).

Le collectif a étudié aussi bien l’état initial que le projet de compensation, notamment en les confrontant à ses propres inventaires réalisés depuis janvier 2013 sur la ZAD, ou encore aux préconisations du collège des experts scientifiques et du Conseil national de protection de la nature. Le résultat est affligeant, et le collectif constate les insuffisances notoires du dossier, en les développant par groupes d’espèces. En synthèse :

  • L’état initial est lacunaire dans la recherche des espèces protégées, qu’il s’agisse de caractériser leur présence, certaines espèces protégées effectivement présentes n’ayant pas été relevées (Sibthorpie d’Europe, Hibou des marais…), ou de colonies / gîtes / stations (exemple de l’oubli de plusieurs stations de Fluteau nageant), ou leurs effectifs (sous-estimation de plusieurs effectifs de populations sources, telles que le Lézard des murailles ou le Campagnol amphibie), notamment des densités de population et d’évaluation des territoires utilisés. D’une manière générale, nombre de prospections ont été réalisées soit sur des durées insuffisantes, soit à une période inadéquate. L’état initial élude également des questions sérieuses relatives aux zones de chasse des Chiroptères et à la bonne prise en compte des migrations de ceux-ci tout comme des Oiseaux, au passage de la Loutre d’Europe, à la mobilité des populations d’Amphibiens. L’état initial comprend des imprécisions inacceptables (par exemple des fourchettes de variation d’un facteur de 1 à 10 de la quantité estimée d’individus d’Amphibiens). L’étude de l’état initial des populations piscicoles s’est faite lors d’une période d’étiage sévère et précoce.
  • La situation charnière de Notre-Dame-des-Landes entre deux bassins versants n’est pas appréhendée correctement (lien milieu hydrographique et population d’espèces protégées).
  • La mise en perspective des populations impactées par rapport à leur rôle à l’échelle départementale ou régionale est quasiment inexistante.
  • La qualification de la valeur écologique des espaces détruits manque de finesse (échelle avec peu de niveaux de valeurs), et, en lien avec les insuffisances de l’état initial, est sous-estimée.

Il n’y a d’ailleurs pas de justification scientifique des choix des coefficients de valeur biologique. D’autant que ces coefficients sont centrés sur la valeur des espaces impactés et non sur les populations. Plus grave encore, ils sont basés seulement sur 3 groupes : les Oiseaux, les Amphibiens et les Reptiles. Cette approche est évidemment trop simpliste et réductrice de la valeur biopatrimoniale du site.

  • Le programme de mesures compensatoires est inadapté. La sous-estimation manifeste des enjeux écologiques conduit à proposer des compensations d’emblée insuffisantes. En outre, les terrains d’accueil des futures compensations sont mal déterminés, et insuffisamment qualifiés. Il y a également des conflits d’usage (des mesures compensatoires prévues sont préexistantes à d’autres titres).

La recréation de mares n’est pas suffisante si on n’y assure pas une aussi bonne qualité des eaux qu’actuellement ou s’il manque certaines caractéristiques (profondeur pour éviter les prédateurs…).

  • La pérennité des mesures compensatoires reste toujours en suspens, en particulier eu égard à la contractualisation de celles-ci.

Le collectif des Naturalistes en lutte constate donc qu’en cas de réalisation des ouvrages aéroportuaires, les mesures de compensation prévues ne permettront pas de retrouver la qualité écologique de la ZAD, et conduiront bien à un massacre de la biodiversité.

Le collectif pense que la meilleure manière de protéger la biodiversité de ce milieu bocager humide unique est de ne pas y construire d’aéroport.

Le Collectif des Naturalistes en lutte. Le 7 novembre 2013.