Naturalistes en lutte

Les informations des Naturalistes en lutte à Notre-Dame-des-Landes


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Dernières nouvelles du front

Dernière minute (27/2) : les fouilles archéologiques saccagent le bocage ! Lisez le fichier joint.

On peut parler d’une belle convergence de toutes les initiatives engagées dans la lutte contre le projet d’aéroport. Pendant que les Naturalistes et les « décompenseurs » en lutte poursuivaient les études de terrain et les analyses des dossiers, les associations de protection de la nature (FNE, FNE PdL, LPO, Bretagne Vivante) écrivaient le 6 février au Premier ministre. Elles remarquaient que « la Préfecture de Loire-Atlantique nous a déclaré que le Comité d’expertise scientifique et la Mission agricole ne procèderaient à aucune audition, tandis qu’il paraît particulièrement difficile de trouver une date pour rencontrer la Commission du dialogue. L’importance du projet sur lequel se penche cette dernière justifie que la date de remise de son rapport permette d’entendre tous les partenaires qui le souhaitent. (…) Nous pensons que le Comité d’expertise scientifique doit pouvoir entendre directement – et non par l’intermédiaire de la Commission du dialogue – notre analyse de la méthode de compensation imaginée par le pétitionnaire, ainsi que l’importance que nous attachons à ces zones humides (…). »

Dans le même temps, le collectif d’élus (CEDPA), l’association citoyenne (ACIPA) et les associations préparaient leur audition par la direction générale de l’environnement de la Commission européenne. La rencontre qui a eu lieu le 19 février s’est révélée très positive et l’on attend avec curiosité les réponses de la France aux questions posées par la Commission qui a déjà engagé une démarche précontentieuse, entre autres sur les carences en matière de démocratie.

Résultat : Sans craindre de démentir brutalement la préfecture de Loire-Atlantique, des rendez-vous ont été fixés par la « commission du dialogue » et, surtout, la commission agricole et le collège des experts scientifiques ont accepté de recevoir les associations. En ce qui concerne le collège des experts scientifiques qui a la charge de valider les mesures compensatoires concernant les zones humides, la réponse arrivée le 19 février fixe un rendez-vous à Paris le 5 mars mais le comité souhaite disposer avant de l’argumentaire écrit.

PS Pour ceux qui veulent contacter les Naturalistes ne lutte, rappelons qu’il est possible de le faire via le « contact » dans l’onglet « page » à droite. Nous avons dû fermer les commentaires car Overblog ne nous permet pas d’avoir l’adresse de messagerie des intervenants, ce qui nous interdit de leur répondre quand ils posent des questions.

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Le Président du comité permanent du CNPN défend le bocage de Notre-Dame-des-Landes

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Le texte du fichier joint ci-dessous ne manquera pas de renforcer les positions défendues par les naturalistes en lutte et tous les opposants au projet d’aéroport dans la mesure où le Président du comité permanent du Conseil national de protection de la nature n’hésite pas à y souligner le caractère incompensable des « ragosses » de la zone : « on est incapable de compenser la perte de ragosses ». Ces arbres creux nés d’un mode de gestion ancien demanderaient au moins cinquante ans pour être « reconstitués » ailleurs (et on se demande bien où une telle densité trouverait sa place et la gestion adaptée). Le courrier précise que le bocage touché par le projet est « une rareté, une vraie relique ».

Le courrier de Jean-Claude Lefeuvre, président du Conseil national de protection de la nature


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Décompenseurs en lutte

 

Que ce soit au regard de la biodiversité ou au titre de la loi sur l’eau, AGO et l’État présentent de multiples mesures visant à compenser la destruction irréversible de la ZAD. La compensation est la dernière étape d’un triptyque Éviter, Réduire, Compenser. S’il nous semble évident que la construction de cet aéroport devrait avant tout être évitée, la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) a permis aux « opérateurs » d’avancer jusqu’à l’étape Compenser. Cette démarche est présentée comme « innovante » et plusieurs éléments laissent penser que l’expérience tentée ici, devrait devenir un modèle pour d’autres grands projets en France. En effet, la méthodologie, commune aux dossiers biodiversité et loi sur l’eau, est proposée par le plus gros bureau d’étude environnemental en France, Biotope. Pourtant, cette méthodologie est critiquable sur de nombreux aspects, aussi bien sur le fond que sur la forme. C’est pourquoi, nous avons créé un groupe de travail, les décompenseurs en lutte, pour tenter de mettre au jour les menaces d’une telle approche, tant pour Notre-Dame-des-Landes que par la « flexibilisation » destructive qu’elle permettrait ailleurs en France.

Voici quelques points sur lesquels nous pensons travailler.

1. La compensation écologique repose sur l’illusion que l’ingénierie et la toute puissance de la technologie permettront de restaurer de la nature. Des études empiriques démontrent pourtant que la restauration de zones humides ne permet jamais de retrouver la biodiversité et les fonctions écologiques des zones naturelles. Cette arrogance technophile est particulièrement inquiétante. Peut-on croire que la techno-science va réconcilier croissance et nature ?

2. La compensation se fait en tranches, après un découpage technocratique : seules les espèces protégées sont considérées, seules certaines « fonctions » écologiques, sont considérées. L’entité que forme l’écosystème détruit n’est pas compensée en tant que telle comme un tout cohérent attaché à un territoire et des pratiques agri-culturelles, mais morceau par morceau. Ces morceaux sont compensés séparément en ignorant leur interdépendance et leur degré de connexion. Peut-on déplacer la nature comme on déplace des voyageurs ?

3. Sur la base de hiérarchies fonctionnelles et de biodiversité les différentes zones se voient attribuées des valeurs et des coefficients de « besoin compensatoire ». Ces coefficients varient de 0,25 pour les zones les plus « pauvres » à seulement 2 pour les plus « riches » (alors que le barème du Comité National de Protection de la Nature (CNPN) préconise des coefficients allant jusqu’à 5 ou 10). Peut-on se satisfaire de ces coefficients, non validés scientifiquement, qui apparaissent comme un bricolage permettant une « compensation » au rabais pour AGO et l’État ?

4. La destruction occasionne une perte de nature immédiate et certaine, tandis que la compensation par des projets de restauration écologique (type « actifs de nature » qui sont une forme de spéculation) ne peuvent éventuellement compenser que de façon différée dans le temps et incertaine. Les mesures compensatoires proposées aussi bien pour l’aéroport que pour le barreau routier prévoient de l’acquisition foncière et des contractualisations (baux ruraux de 9 ans) avec des agriculteurs afin d’« améliorer » le bocage et les zones humides existantes en périphérie de la ZAD. Peut-on accepter qu’aucune garantie ne soit donnée quant à la sécurisation réglementaire de ces mesures dont la durée n’est ni à la hauteur de celle de la concession (55 ans) ni de celle nécessaire à la restauration écologique ?

5. L’équivalence écologique nécessaire à l’échange est formalisée par des « Unités de Compensation » qui visent à rendre commensurables (c’est-à-dire comparables sur une même unité de valeur) des couleuvres et des chauves-souris. Ces unités de compensation peuvent être achetées par des banques d’un nouveau genre, des banques « d’actifs naturels » à l’instar de la CDC-Biodiversité. Partout en France de nouveaux opérateurs de compensation sont labellisés par l’État, autorisant des multinationales (comme Veolia ou Bouygues) à faire des profits supplémentaires grâce à ce nouveau marché compensatoire. Peut-on échanger des espèces et des fonctions écologiques sur des marchés comme des titres d’actifs financiers ?

Si ce travail vous intéresse, entre visites de terrain et décodage de dossiers technocratiques, rejoignez-nous en contactant decompenseurs@gmail.com


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Prochain rendez-vous le 17 mars

Merci à toutes et tous les naturalistes qui sont venu-e-s au rendez-vous de ce 10 février et qui, malgré la pluie, ont poursuivi les inventaires. On n’a pas compté les parapluies, les cirés et les imperméables car la dispersion des groupes thématiques sur les 13 zones s’est opérée rapidement. Les uns allaient de mare en mare, les autres repéraient les meilleurs espaces favorables aux serpents, certains bouchaient les manques dans la cartographie du bocage tandis que les ornithologues prenaient leurs marques sous la pluie battante du matin. Le travail avance et la motivation grandit. Une motivation alimentée par les discussions mais aussi par les émotions ressenties dans ce paysage impressionnant, noyé d’eau et d’espoir.

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