Naturalistes en lutte

Les informations des Naturalistes en lutte à Notre-Dame-des-Landes


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Campagnol amphibie à NDDL : L’Etat passe outre l’avis du Conseil National de la Protection de la Nature

Les travaux de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne peuvent avoir lieu tant que les arrêtés de dérogation permettant la destruction des espèces protégées et de leurs habitats n’ont pas été signés. Des arrêtés concernant la flore, les reptiles et les amphibiens avaient été pris en décembre 2013 (les recours en justice sont toujours en cours), mais ceux concernant le Campagnol amphibie ne l’étaient pas encore. C’est chose faite depuis le 13 septembre.

Pourtant, le Conseil National de la Protection de la Nature (où siège le Ministère de l’écologie…) avait rendu un avis clair en avril 2014 sur ces projets d’arrêtés : avis défavorable, sans aucun vote favorable ! Il estimait alors « que le déplacement de campagnols du site (…) ne garantit nullement que les populations de campagnols vont se développer et reconstituer un fort noyau de population comme sur le site du futur aéroport ». Les critiques des Naturalistes en Lutte, exprimées lors de l’enquête publique en septembre 2015, n’ont pas eu plus de considération. C’est que, visiblement, des intérêts autres que ceux de la protection de la nature (et de l’intérêt commun) priment dans ce dossier.

Pour finir rappelons un point essentiel : au moins 4 espèces protégées n’ont pas été prises en compte dans les dossiers réglementaires. Ni observées ou recherchées par les bureaux d’études, elles n’ont donc pas été évaluées dans les dossiers. Par conséquent, aucune demande de dérogation pour la destruction de ces espèces protégées n’a été faite. Puisque la préfecture de Loire-Atlantique et le Ministère de l’Ecologie en ont été informés et que nous sommes dans un état de droit, les travaux ne peuvent pas commencer.

La non-prise en compte de ces 4 espèces protégées dans le projet d’aéroport nécessite la réouverture du dossier et la réévaluation du projet.

Les Naturalistes en Lutte appellent à converger massivement le 8 octobre prochain à Notre-Dame-des-Landes pour montrer notre détermination à défendre la zad et ses habitants qu’ils soient humains, campagnols, fleurs, linottes, myxomycètes, lézard, mousses ou tritons !

Les Naturalistes en lutte

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LETTRE N°49

Bonjour à tous

Nous vous donnons rendez-vous le dimanche 11 septembre 2016 à 9h00 sur la place de l’église à Notre-Dame-des-Landes.

Au programme :

  • sortie botanique : suivi des landes
  • entretien d’une mare par curage (prévoir des pelles ou autres ustensiles de curage)

A bientôt

Les Naturalistes en lutte


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Lettre n°48

Bonjour à tous

Situé en tête de bassin versant d’un petit affluent de l’Ognon, rivière alimentant le lac de Grandlieu, des zones humides, des mares, des amphibiens et … un projet d’urbanisation !  Ce projet a reçu un avis défavorable du Conseil National de Protection de la Nature, alors on vous propose d’aller y faire un tour.

Nous vous donnons rendez vous dimanche 14 aout 2016 à 9h00 sur le parking du Leclerc,10 rond Point de la Corbinerie à Rezé. ( http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/carte-sans-nom_96945 )

Au programme, après un rapide compte rendu du projet d’urbanisation, nous réaliserons des inventaires tous azimuts : botanique, phytosocio, oiseaux, reptiles, amphibiens, mammifères, insectes,… .

Venez nombreux pour notre première prospection en dehors de la ZAD

A bientôt
Les Naturalistes en lutte


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LOI « BIODIVERSITÉ » : PAS D’ÉTAT D’URGENCE POUR LA NATURE

Extinction massive des espèces : il ressort des études publiées entre autre par la revue Nature et le WWF en 2014, Proceedings of the national academy of science ((PNAS) en 2015 que le nombre et la rapidité à laquelle disparaissent les espèces animales et végétales dans le monde a atteint un niveau qui permet de parler de 6e extinction.

Disparition massive des milieux : Les rapports cités n’abordent pas la disparition des milieux (souvent à l’origine de la disparition des espèces) mais, pour zoomer sur la France, on peut souligner que malgré des politiques forcément « ambitieuses », on est passé en une vingtaine d’années de l’équivalent d’un département artificialisé tous les 10 ans à la même surface consommée en 7 ans.

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C’est dans ce contexte que la France a décidé de revoir la loi biodiversité de 1976. Le gouvernement vient de décider d’accélérer le vote de la nouvelle loi à l’Assemblée et, au lieu d’attendre la rentrée, de la mettre au vote ce 19 juillet. Un état d’urgence pour la nature ? On se prend à espérer.

Las ! Il y a surtout urgence à donner enfin les moyens aux aménageurs de bousculer les « lenteurs » et les « insuffisances » de la loi de 1976. L’équivalent d’un département artificialisé tous les 7 ans, c’était sans doute trop peu au regard du désir de croissance. Ceux qui ont eu la patience de suivre les débats autour de l’article 33A qui instaure les banques d’actifs naturels et la monétarisation de la compensation ont compris que c’était le principal enjeu politique du projet. On a amusé la galerie avec la composition de l’Agence de la biodiversité dont il était déjà entendu entre gens bien élevés qu’elle laisserait les gardes de l’ONCFS sous le contrôle des chasseurs (qui représentent 1,9 % de la population mais disposent des 142 députés du groupe « chasse et territoires » pour défendre leurs intérêts).

Pas un groupe d’experts, pas une association, pas une personnalité médiatique n’a jugé bon d’engager un bras de fer avec le gouvernement sur un texte qui va rendre la nature déménageable et monnayable sur l’ensemble du territoire. Or, on a pu voir comment, la méthode encore expérimentale mais pas moins expéditive a permis au bureau d’études biotope de proposer d’échanger toute la biodiversité de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes contre quelques centaines d’hectares de prairies permanentes gérées par des agriculteurs industriels. Sans imposer la moindre contrainte budgétaire aux deux premiers éléments du triptyque « éviter-réduire-compenser », l’assemblée va ouvrir toute grande la porte à une compensation dont on a déjà pu mesurer dans le cadre de plusieurs méta-analyses qu’elle était inefficace dans la plupart des pays où elle est à l’œuvre (sauf là où le coût financier des milieux est suffisamment élevé pour être dissuasif).

Ne rêvons pas. Les interventions contre les banques d’actifs naturels resteront lettre morte. Mais prenons date et gageons que dans 10 ans, les menaces sur la biodiversité n’auront pas décru, bien au contraire. Mais parions déjà que les responsables ne seront pas inquiétés pour autant. Nous venons d’en avoir la preuve en accéléré : une vallée détruite et un homme tué à Sivens en octobre 2014 ; un jugement du tribunal administratif qui annule la déclaration d’utilité publique en juillet 2016. Pas une démission d’élu, pas un renvoi de préfet.

Oui, ne rêvons pas. Luttons pied à pied, partout où nous vivons, en dépit des lois et des mensonges.

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Nous avons perdu la consultation du 26 juin, oui. Avons-nous perdu tout droit à nous opposer ? Non

Tribune de Françoise Verchère, coprésidente du CéDpa

Depuis le 27 juin, on entend en boucle cette critique prévisible : «  Vous avez perdu, vous devez respecter le suffrage universel, vous portez un mauvais coup à la Démocratie en continuant votre opposition. »

 Cette réaction n’est pas étonnante, elle paraît même au premier abord « logique », mais pour ne pas rester à la surface des choses, la pensée mérite toujours un peu de temps, de raisonnement et plus de 140 caractères… Essayons donc d’y voir plus clair.

 1) Première critique : on nous renvoie à l’épisode encore douloureux du referendum de 2005 sur la constitution européenne. Le peuple vote « Non », et l’on bafoue son vote quelques mois plus tard en faisant adopter par le parlement le traité de Lisbonne qui permet l’essentiel de ce qui était inscrit dans la constitution refusée. Que ce scandale démocratique réel soit utilisé pour discréditer notre position est d’une parfaite mauvaise foi. J’ai pour ma part quitté à ce moment-là le Parti Socialiste avec les conséquences que l’on sait. Ceux qui nous rappellent au respect de La Démocratie aujourd’hui peuvent-ils d’abord me rappeler leur réaction écrite, orale ou les actes qu’ils ont posés à ce moment-là ? Juste pour mémoire. Cela devrait en inciter quelques-uns à plus de modération, voire au silence total.

 Sur le fond maintenant : la consultation du 26 juin était une consultation pour avis, pas un referendum  (extrait de la lettre reçue par chaque électeur : « Cette consultation a la valeur d’un avis. ».) Un avis n’engage pas et n’a pas valeur de loi. D’ailleurs, c’est ce que nous expliquent régulièrement les autorités qui ont balayé d’un revers de la main l’avis négatif du Comité de scientifiques chargés d’évaluer la méthode de compensation, l’avis négatif par voie de conséquence de la Commission d’enquête publique au titre de la loi sur l’eau, l’avis négatif du Conseil National de Protection de la Nature, l’avis négatif du Conseil Supérieur du Patrimoine naturel. Tout récemment et sur un autre sujet, le gouvernement a déclaré d’utilité publique la ligne LGV du Sud-Ouest malgré l’avis négatif de la commission d’enquête. Qui s’en scandalise ?

 Admettons pour le raisonnement que l’avis du peuple ait plus de poids. L’avis du peuple abolit-il la loi ? NON. La question posée n’étant pas «  Êtes-vous pour l’abolition de la loi sur l’eau ? », tout le monde conviendra que même si le peuple dit vouloir un nouvel aéroport, ce désir ne peut effacer les règles fixées par la loi. Visiblement, cela n’a pas l’air d’émouvoir ceux qui ne cessent de nous rappeler au respect des règles républicaines. À ce jour le résultat de dimanche ne fait donc pas du projet de NDDL un projet légal, ni au niveau national ni au niveau européen.

 2) Seconde critique : on nous dit que, si nous n’acceptons pas de jeter l’éponge, nous n’aurions pas dû participer à la consultation mais appeler au boycott. Quelqu’un peut-il me donner l’exemple d’un boycott réussi de consultation populaire ? Certes la participation aurait été en baisse mais des électeurs se seraient évidemment déplacés pour voter non. Le score final aurait parfaitement convenu au gouvernement car on oublie bien vite le taux de participation de toute élection. La remplaçante de J.-M. Ayrault a été élue dernièrement par 14,5 % des électeurs, compte tenu du taux d’abstention ; la voit-on douter un instant de sa représentativité ?

 Nous étions piégés de toute façon : le périmètre de la consultation a été choisi pour que le OUI l’emporte, à partir d’un sondage. Participer, c’était perdre et nous avons perdu mais en faisant baisser le score du Oui par rapport au sondage. Ne pas participer, c’était perdre aussi. Et dans ce cas que n’aurions-nous entendu sur notre peur de passer par les urnes et notre refus de la démocratie ? !

C’est pourquoi nous avons dit dès le début collectivement que nous participerions mais que le vote ne nous engagerait pas à arrêter toute contestation (cf supra, sur la légalité du projet).

 3) Sur le principe même d’une consultation : en mars 2015, lors de notre audition par la commission spécialisée d’Alain Richard, nous avions dit notre méfiance sur le principe d’une consultation en ces termes : « Le Président de la République a évoqué le recours au referendum pour trancher des situations bloquées. Est-ce une bonne solution ? Nous sommes circonspects sur cette proposition car les questions que pose un referendum sont nombreuses : le périmètre, la formulation de la question (pour ou contre un projet ou bien un choix entre plusieurs solutions ?) le temps de l’information de la population, les moyens matériels et financiers donnés aux parties présentes, tout peut être sujet à débat… et à manipulation.

La France n’a pas la culture de la « votation citoyenne » contrairement à la Suisse. Dès lors proposer un referendum in fine n’est-ce pas surtout révélateur d’un sérieux déficit de concertation et de débat en amont ? »

 Bien que félicités pour notre travail d’analyse, nous n’avons évidemment pas été entendus. Et toutes nos craintes ont été confirmées : périmètre biaisé, pas d’alternative alors que le rapport des experts de Ségolène Royal aurait dû servir de point d’appui à la consultation comme l’avait promis la ministre, information de la population de manière discutable pour le moins, utilisation anormale de moyens publics (bulletins municipaux, site internet et extranet, position des maires). Inutile au demeurant de se lancer dans un contentieux post-électoral, nous n’avons aucune chance de gagner. Où sont les dénonciations de tout cela par les zélateurs de la Démocratie ?

 4) Dernière critique déjà entendue : il semble qu’on ne puisse plus utiliser le simple mot de résistance sans se faire reprocher de bafouer les héros de La Résistance. Qu’on ne puisse plus non plus rappeler que légalité et légitimité sont parfois en opposition. Qu’à part contre une dictature à la Pinochet (chacun mettra le nom du dictateur de son choix), seule l’obéissance serait de règle, parce que c’est pire ailleurs et que malgré tout « on est encore en démocratie ». Même si notre « démocratie » est malade gravement, même si ceux qui se gargarisent du mot le vident de son sens et de ses valeurs, même si petit à petit nous allons vers une démocratie d’apparence, comme dans les meilleurs romans d’anticipation… Pour un peu, c’est nous qui serions coupables de la montée du Front National, du climat social dégradé, et peut-être même de l’échec de la lutte contre le terrorisme…

 Il y aurait tant à dire… et le bac de philo est derrière nous. Qui se soucie de la philo du reste ? En quelques mots cependant : Antigone et Créon sont les figures de l’affrontement entre légalité et légitimité (bien avant De Gaulle et Pétain !). Or Créon n’est pas un tyran, ni un nazi avant l’heure. Il veut la paix pour sa ville, après les affrontements meurtriers entre les frères d’Antigone ; il pense que le bien public et la restauration de l’ordre nécessitent qu’il y ait un bon et un méchant (pour édifier le peuple qui ne vote pas à l’époque), d’où son refus de la sépulture pour un des frères d’Antigone. D’où la rébellion de cette dernière. Au nom d’une valeur pour elle supérieure : son respect des rites funéraires.

 Ce qui fait que nous maintenons notre opposition et notre résistance au nouvel aéroport, c’est précisément que la consultation ne fait pas de NDDL un bon projet, ni un projet anodin. Le réduire à la destruction de quelques hectares de terres agricoles, sans plus de conséquences, est un raccourci édifiant.

 Mes valeurs supérieures à moi, qui ne me suis jamais prise pour Antigone, sont les suivantes : la recherche de la vérité, le refus de la destruction irréversible, le respect du vivant. Et si je me bats avec tant d’autres pour les tritons de NDDL, ou pour la poignée d’agriculteurs qui y restent (pour reprendre la moquerie habituelle des pro-aéroport), c’est parce que je ne peux plus regarder mes tout petits-enfants sans être terrorisée, à tout point de vue, par le monde que nous allons leur laisser.

 Françoise Verchère, coprésidente du CéDpa


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NDDL : le NON l’emporte enfin !

Eh oui, incroyable, le NON l’emporte sur deux périmètres, à vous de voir s’ils sont plus pertinents que le périmètre administratif choisi par le gouvernement !

Périmètre des communes impactées par le projet de transfert et l’aéroport de Nantes Atlantiques :  résultat : 50,5 % pour le NON

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*Les communes retenues correspondent à celles dont le territoire est inclus dans les périmètres « bruit » de Nantes Atlantiques et du projet d’aéroport NDDL

Périmètre de l’enquête publique Loi sur l’eau de 2012 : résultat : 51,27 % pour le NON

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 La conclusion est simple, l’analyse du résultat de la consultation dépend du périmètre choisi. Mais malgré les contre-vérités et les amalgames les citoyens concernés par le projet ne sont pas favorables à ce transfert, c’est ce qu’a permis de confirmer cette consultation.

Alors tous à Notre-Dame-des-Landes les 9 et 10 juillet2016

pour des « semailles de démocratie »

Pour ceux qui croient encore que le périmètre départemental était pertinent, une petite carte explicative :

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Être démocrate, c’est ne pas interroger tous les Français, car les sondages réalisés à l’échelle nationale annoncent encore en juin 2016 que plus de 60 % des français sont opposés à ce projet. (sondage OpinionWay commandé par FNE)

Être démocrate, c’est ne pas interroger le peuple des financeurs de ce projet, région Bretagne, région Pays de la Loire, État.

Être démocrate, c’est ne pas respecter le temps des recours juridiques.

Être démocrate, c’est ne tenir compte de l’avis des populations que lorsque celui-ci répond favorablement aux attentes du gouvernement.

C’est ainsi que la commission d’enquête publique pour les  lignes TGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax  a formulé un avis défavorable. Le gouvernement a tout de même validé  leur réalisation. Les travaux devraient coûter 8,3 milliards d’euros.


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Le dossier Notre-Dame-des-Landes est loin d’être bouclé ! !

Le dossier Notre-Dame-des-Landes est loin d’être bouclé !

Le résultat de la consultation ne nous surprend pas, tant la manipulation a été aussi importante que subtile auprès de la population à qui on a pu faire croire que l’emploi dépendait du résultat et que les zadistes étaient de sauvages casseurs. Les enjeux sur les zones humides, le climat et la biodiversité restaient l’affaire des « zécolos » – qui dira que ce sont ceux de l’humanité ?

Mais nous ne désespérons pas car les conditions de réalisation du projet ne sont même pas encore réunies : il faudrait plusieurs centaines d’hectares de prairies permanentes créées chez des agriculteurs productivistes en tant que mesures compensatoires pour pouvoir commencer les travaux. Or, aucun agriculteur n’a signé de contrat, soit parce qu’il est  contre le projet, soit parce que son exploitation ne s’y prête pas. Et quid des espèces protégées non prises en compte dans les dossiers réglementaires, des recours juridiques encore en cours ?

Aujourd’hui, le mouvement d’opposition au projet est plus mûr, plus uni et plus fort que jamais. Les Naturalistes en lutte sont déterminés à apporter leur soutien aux habitants de la ZAD pour y préserver la biodiversité et inventer un monde vivable.